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Chroniques L’année du Wi-Fi L’accès Internet haute vitesse sans fil trouve enfin une base solide au Canada. À présent, il ne fera que prendre de l’essor par Julie Demers et Robert Colman
Durant l’été 2002, l’industrie canadienne du sans-fil s’est préparée à l’essor du Wi-Fi en convenant de définir des normes d’interopérabilité au Canada. En effet, les télécommunicateurs sans fil nationaux du Canada — Bell Mobilité, Microcell Solutions, Rogers AT&T Communications sans fil et TELUS Mobilité — ont conclu une entente en vue d’implanter des normes communes d’itinérance et d’interfonctionnement, qui s’appliqueront aux points d’interconnexion névralgiques Wi-Fi publics qu’ils exploitent et aux communications entre leurs réseaux sans fil de nouvelle génération et ces mêmes points. « L’avènement du Wi-Fi est le prolongement naturel de l’omniprésence des services de téléphonie et de transmission de données sans fil offerts d’un bout à l’autre du Canada par les télécommunicateurs sans fil publics titulaires de licence », affirme Peter Barnes, président et chef de la direction de l’Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), autorité du sans-fil au Canada. « En établissant des normes de service et d’interconnexion, les télécommunicateurs garantiront aux Canadiens un accès sûr et commode aux points d’interconnexion névralgiques Wi-Fi, sans avoir à instituer de nouveaux identifiants d’utilisateur réseau ni d’autres modalités de facturation. » Des normes et des ententes finales seront probablement en place d’ici la fin de l’année, mais quoi qu’il en soit, il s’agit d’une vraie bénédiction pour les quelque 12 millions d’abonnés canadiens du sans-fil. Des milliers de points d’accès Wi-Fi font leur apparition partout au pays. Le premier à entrer dans la danse a été Bell Canada, avec le lancement de son projet pilote « Zone d’accès » de points d’accès sans fil à Internet, que les cafés et restaurants du pays ont tôt fait d’offrir comme service à valeur ajoutée. Grâce à ce projet très publicisé de Bell, les personnes qui disposent d’ordinateurs ou d’appareils portatifs sans fil conformes à la norme 802.11b peuvent ainsi utiliser gratuitement des services de courrier électronique et des réseaux d’entreprise en accédant à Internet sans fil à partir d’endroits publics stratégiquement situés comme la zone de départ domestique de l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, le salon Panorama de Via Rail à la Gare centrale de Montréal, la Gare Union de Toronto et le Confederation Park de Kingston. Le service est également accessible dans les salons Feuille d’érable d’Air Canada dans les aéroports de Toronto (terminal 2), de Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal et de Calgary. Pour autant que l’utilisateur d’un appareil sans fil compatible se trouve dans un rayon de 50 à 200 mètres d’un point d’interconnexion névralgique Wi-Fi, il peut se prévaloir de l’accès Internet sans fil. Les représentants de Bell n’ont pas eu trop de mal à convaincre les responsables de ces endroits de participer à ce projet pilote. Normand Boivin, vice-président, Exploitation aéroportuaire, est ravi d’accueillir ce nouveau service à l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, « car nos clients et nos partenaires se trouvent ainsi parmi les premiers à bénéficier de ces nouveautés en matière de télécommunications. » Le président de Bell Québec, Guy Marier, explique que l’essai pilote s’appuie entre autres sur la solide infrastructure de téléphones publics de son entreprise. Des voitures de trains VIA 1 ont été équipées de manière à offrir aux voyageurs, entre Montréal et Toronto, un accès gratuit à Internet par réseau local sans fil reposant sur la combinaison des réseaux satellite et sans fil (service nommé « Zone d’accès mobile »). Au départ, le projet de Zone d’accès devait se terminer au printemps 2003, mais l’essai a été prolongé jusqu’à la fin décembre 2003. On recueille actuellement des données sur la demande réelle d’un tel service. La grande question que se posent proba-blement Bell et ses partenaires chez VIA Rail et dans les aéroports est la suivante : combien les gens sont-ils prêts à payer pour ce service? À Toronto, certains restaurants facturent jusqu’à 9 $ par jour pour l’accès Wi-Fi qu’ils offrent chez eux. Dans quelques restaurants McDonald’s, toujours à Toronto, on peut obtenir 45 minutes d’accès gratuit lorsqu’on dépense 3 $ et plus. La chaîne Second Cup a commencé à doter ses établissements de points d’accès Wi-Fi partout au pays. Pour le client qui boit un café Second Cup, l’accès est gratuit. Et pour les néophytes du Wi-Fi, le site Web de Second Cup explique même ce qu’il faut faire pour pouvoir utiliser cette technologie. Les utilisateurs du Wi-Fi dans les aéroports et les trains constituent vraiment un public captif et seront probablement heureux de payer un tarif raisonnable pour accéder à cette nouvelle technologie. Mais la personne assise chez Harvey’s à la Gare Union qui doit payer pour obtenir le signal du point d’accès de Bell le fera peut-être moins volontiers si, à quelques rues de là, un café offre un site sécurisé. Chez nos voisins du Sud, Starbucks a déjà baissé d’un dollar ses prix pour les services Wi-Fi, signe irréfutable de la réticence des gens à payer trop cher même pour un service aussi pratique, et on retrouve déjà de nombreux nœuds gratuits dans des lieux publics auxquels on peut se rattacher lorsqu’on sait comment utiliser la technologie. Et aux États-Unis et au Canada, bien d’autres cafés offrent ce service gratuitement — du moins pour le moment. Selon des études menées dans l’industrie, des milliards de dollars sont maintenant consacrés au développement et à la fabrication de produits conformes à la norme 802.11b. Analysys, une maison de recherche américaine, estime que 21 millions de personnes utiliseront l’accès public Wi-Fi d’ici 2007, via 41 000 points d’accès, ce qui se traduira par un chiffre d’affaires de trois milliards de dollars US. Une étude menée en 2002 par Alexander Resources révèle que les revenus générés par ces services à l’échelle mondiale, qui atteindront 9,5 milliards de dollars US en 2007, proviendront en grande partie des réseaux locaux sans fil déployés dans des endroits publics. Selon le rapport de cette firme, la croissance des revenus dans ce secteur sera surtout attribuable aux voyageurs d’affaires retenus dans des hôtels, des palais de congrès et des aéroports. Cependant, après des débuts modestes en 2002, le Wi-Fi a bel et bien pris son envol au Canada et devrait devenir de plus en plus présent. CMA Management aimerait connaître votre expérience du Wi-Fi et savoir ce que vous pensez de cette technologie. Vous aide-t-elle dans vos activités? Représente-t-elle un outil technologique précieux? Ou trouvez-vous, au contraire, qu’il s’agit d’un service surfait? De quel degré de connectivité a-t-on besoin, et combien devrait-on payer pour l’obtenir? Veuillez faire parvenir vos réflexions et commentaires au rédacteur en chef Robert Colman à l’adresse suivante : rcolman@managementmag.com Julie Demers est rédactrice en chef adjointe de l’édition française du magazine CMA Management. Robert Colman est rédacteur en chef du magazine CMA Management.
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