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Novembre 2008
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Une initiative axée sur le capital intellectuel

Pour Debbie LeValliant, CMA, les pratiques novatrices de propriété intellectuelle constituent un élément clé de la croissance des PME canadiennes

par Robert Colman

Pour décrire Debbie LeValliant, CMA, le terme  « dynamique » est faible. Cette femme a à cœur l’amélioration de la pratique des affaires au Canada. Dotée aussi d’un talent inné d’entrepreneure, elle a choisi d’utiliser celui-ci pour se faire l’ardente promotrice de l’innovation dans les entreprises cana-diennes tout au long de sa carrière.

L’esprit d’entreprise a toujours dominé chez elle et l’a amenée à devenir un agent de changement au sein de chacune des organisations pour lesquelles elle a travaillé. Son dynamisme l’a finalement conduite à créer Innovation Strategies Inc., une société qui traduit les nombreuses idées que Debbie LeValliant défend avec ardeur — des idées qui pourraient bien modifier en profondeur la manière dont les PME canadiennes font des affaires.

Des perspectives d’innovation

« Je déborde d’enthousiasme et j’aime que les choses bougent rapidement », a déjà déclaré Mme LeValliant dans un entretien accordé à CMA Management. « J’adore les défis. Je raffole des émotions fortes. » Des défis et de l’action, sa vie professionnelle n’en manque pas et au fil des ans, ses efforts ont été récompensés de bien des façons. Ainsi, elle s’est classée parmi les 40 Canadiens performants de moins de 40 ans du palmarès de Report on Business en 2001 pour son travail à titre de chef de la direction d’AMIRIX Systems Inc.

Sa nouvelle entreprise, Innovation Strategies, a pour but d’aider les petites et moyennes entreprises à exploiter la propriété intellectuelle existante pour alimenter la croissance. Debbie LeValliant propose d’utiliser divers modèles d’affaires et diverses techniques de gestion pour élaborer des stratégies qui commercialisent l’innovation. Elle apprend ainsi aux organisations comment tirer profit de leur propriété intellectuelle. Son article publié dans le numéro de novembre 2003 de CMA Management explique en détail ce principe.

Dans les organisations, on observe de nombreux cas de propriété intellectuelle mal gérée du point de vue stratégique. Mme LeValliant montre aux gens à voir les possibilités qui se trouvent juste sous leur nez. « L’innovation est pratiquement partout autour de nous, soutient-elle. Grâce à la concession stratégique de licences, à des partenariats stratégiques et à d’autres moyens stratégiques de l’utiliser, les sociétés canadiennes de toute taille peuvent prendre une expansion accrue à l’échelle mondiale et piloter des initiatives d’innovation ici même au Canada. »

Durant toute sa carrière, Debbie LeValliant s’est employée à encourager l’innovation au Canada. Elle a conseillé le gouvernement fédéral sur sa stratégie d’innovation et espère pouvoir conti-nuer à susciter des changements dans ce secteur.

Pour Mme LeValliant, la stratégie d’innovation du gouvernement fédéral n’a guère avancé. « L’innovation n’a plus la cote auprès du gouvernement. Ce projet n’a pas encore donné de résultats concluants, mais je crois que la concession de licences pourrait renverser la vapeur et nous aider à exploiter l’innovation que nous créons. »

Une bâtisseure

Tour à tour courtière en valeurs mobilières, franchiseuse alimentaire et directrice générale d’un club de tennis, Debbie LeValliant a trouvé sa voie lorsqu’elle est arrivée dans le secteur technologique.   « Mes premiers métiers m’ont donné un avant-goût de l’entrepreneuriat », explique-t-elle. Toutefois, c’est dans le secteur de la technologie qu’elle a vraiment commencé à s’intéresser à la propriété intellectuelle et à faire sa marque.

Debbie LeValliant en est venue à la conclusion que, pour les entreprises misant sur l’innovation, une bonne façon d’améliorer leurs chances de croissance soutenue serait de créer une branche chargée de la propriété intellectuelle et de la concession de licences.

« J’avais assisté à plusieurs conférences sur la concession de licences et sur la gestion des conventions extraterritoriales et j’essayais de voir comment de telles activités pourraient être profitables pour le Canada. La gestion de la propriété intellectuelle me parut une option qui n’était pas assez utilisée », indique-t-elle.

Dirigeante qui préconise l’intervention directe, Debbie a négocié d’importantes alliances stratégiques, notamment avec des fabricants de services de fabrication de produits électroniques, des fabricants de semi-conducteurs et des fournisseurs de composants électroniques. Durant son mandat chez AMIRIX, l’entreprise a enregistré une augmentation des produits d’exploitation dans les deux chiffres et une hausse de la valeur actionnariale dans les trois chiffres.

En 2001, pendant qu’elle y travaillait, AMIRIX s’est classée finaliste régionale au palmarès des 50 entreprises les mieux gérées au Canada, a été reconnue l’un des dix meilleurs employeurs du Canada atlantique et a obtenu du Conference Board du Canada le titre de Meilleur employeur des jeunes en Nouvelle-Écosse. Quant à Debbie LeValliant, elle a été l’une des cinq finalistes pour le titre de Personnalité de l’année dans le monde des affaires en 2001, décerné par la Chambre de commerce de Halifax.

Mme LeValliant continue à se faire connaître en participant à des comités d’experts, des conférences, des publications et en émettant son point de vue sur les programmes d’innovation, sur les programmes du Conseil national de recherches et sur le système de crédits d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental.

Exemple éloquent de la détermination de Debbie LeValliant à faire bouger les choses : elle a exercé des pressions auprès du gouvernement fédéral pour changer l’approche du ministère de l’Industrie à l’égard du secteur des télécommunications. Ces démarches ont eu lieu en 2000-2001, au moment où le secteur technologique commençait à perdre de son lustre. « Le gouvernement privilégiait la formation de techniciens pour pourvoir le secteur d’activité, poursuit-elle. Or, ce n’est pas ce qu’il fallait faire. Nous avions besoin non pas de déplacer des gens, mais d’exploiter les atouts intellectuels que nous avions déjà. »

« Quand des représentants du gouvernement me demandent mon avis, je leur parle franchement », explique-t-elle. Elle a aussi fait part de ses opinions et réflexions dans divers comités fédéraux et provinciaux.

Croissance et espoir

Cette expérience a aidé Debbie LeValliant à affiner ses idées sur la propriété intellectuelle. Outre un flair certain pour trouver des solutions créatives et novatrices, elle possède maintenant une profonde compréhension des conventions fiscales extraterritoriales, de l’établissement des prix de cession interne et de la concession de licences, ainsi qu’un large ensemble de compétences essentielles à la gestion efficace de la propriété intellectuelle.

 « On m’a toujours encouragée à devenir entrepreneure. Comme en témoigne ma feuille de route, je crois au potentiel de la concession de licences et du partenariat comme outils de gestion stratégique. Je souhaitais faire connaître ce concept à l’échelle nationale », raconte-t-elle.

Mme LeValliant travaille aussi d’arrache-pied pour essayer de changer la perception qu’a le gouvernement canadien de la concession de licences. Elle aimerait que soit institué un crédit d’impôt au titre des redevances afin d’inciter les entreprises à explorer plus à fond le potentiel commercial de la concession de licences, et a contribué au mémoire sur ce sujet qui a été présenté au Comité permanent des finances — mémoire qui souligne la valeur d’un tel crédit d’impôt.

Même si elle habite maintenant Toronto, elle conserve de profondes racines sur la côte Est. Elle est actuellement vice-présidente du conseil d’administration de CMA Nouvelle-Écosse.

« J’aime ma société, j’en suis très fière », note-t-elle. Les nouvelles initiatives mises de l’avant par la Société de Nouvelle-Écosse l’enthousiasment, notamment la seconde année du programme CMA/MBA de l’Université St. Mary’s : « Ce type de programme ajoute vraiment de la crédibilité au titre de CMA ».

De manière plus informelle, elle sert de mentor à des CMA et à des aspirants au titre de CMA — sept personnes qu’elle appelle ses « jeunes » — et les aide dans la résolution de problèmes et dans le développement de leur carrière. Elle a déjà embauché des aspirants au titre de CMA. « Je participe à des conseils d’administration fictifs depuis plusieurs années, ce qui me donne une occasion en or de repérer de nombreux talents parmi les candidats. »

Debbie LeValliant utilise parfois ses compétences à l’extérieur des cercles professionnels. « Habituellement, j’accepte un nouveau projet chaque année », poursuit-elle. Ainsi, elle est membre du comité de financement annuel du Mermaid Theatre, une troupe de marionnettistes qui donnent des spectacles au Canada, aux États-Unis et à l’étranger. Elle a été une importante collectrice de fonds pour le Douglas Wilkie Trust, fiducie mise sur pied afin d’aider un garçon atteint d’une cardiopathie grave.

Elle a aussi pris part à Hypatia, un programme mis en œuvre en Nouvelle-Écosse pour encourager un plus grand nombre de jeunes filles du cours secondaire à étudier les sciences et la technologie. « À peine 15 % des jeunes filles poursuivent des études en sciences et en technologie à l’université et cet organisme veut changer cette situation », explique Mme LeValliant. Grâce à ce programme, des personnes comme Debbie LeValliant visitent les écoles secondaires pour montrer le potentiel qui s’offre aux femmes dans ces sphères d’activité.

Mme LeValliant espère que les CMA adopteront ses idées sur la propriété intellectuelle et feront des pressions pour changer la perception qu’on a de cet actif. « Les CMA se trouvent dans une excellente position pour amener d’autres gens d’affaires à exploiter la propriété intellectuelle, observe-t-elle. Nos membres devraient considérer avec sérieux cette initiative. Voilà un autre avantage stratégique distinct que nous pouvons proposer. »

Robert Colman est rédacteur en chef du magazine CMA Management.

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