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Chroniques L’accès sans fil débarque en ville La multiplication des points d’accès sans fil amène la technologie Wi-Fi sur le territoire des télécoms. par Jacob Stoller
Selon David Dobbin, président et chef de direction de THT, il a été question d’implanter des zones Wi-Fi publiques dans plusieurs villes, y compris San Francisco, Londres et Philadelphie, mais aucun progrès sensible n’a encore été réalisé. « Bien des gens ont l’impression que ces villes ont déjà procédé au déploiement, alors qu’il n’en est rien. Nous croyons que la zone Wi-Fi de Toronto constituera en fait la première du genre implantée dans une grande ville. » Au cœur de la ville Forme abrégée de « wireless fidelity », le terme « Wi-Fi » est employé couramment pour désigner une norme de communications sans fil autrefois appelée IEEE 802.11. Jusqu’à présent, la technique Wi-Fi a été principalement mise en œuvre dans les réseaux locaux sans fil exploités au moyen de routeurs sans fil utilisés au bureau et à la maison, ainsi que dans les points d’accès sans fil déployés dans les cafés, les hôtels, les aéroports, les campus d’entreprise et autres édifices publics. On a parfois tendance à confondre la technologie Wi-Fi avec le mode de transmission sans fil qu’utilisent les assistants numériques personnels comme le Blackberry. Cet appareil a recours à un moyen de communication tout à fait différent : les données sont transmises sur des bandes de fréquences cellulaires autorisées par licence, dans le cadre de services offerts par des opérateurs tels que Bell et Rogers. Le port sans fil de votre ordinateur portable n’a pas accès à ces services. (Notons cependant que bon nombre d’assistants personnels sont compatibles avec la technologie Wi-Fi.) En mode Wi-Fi, le signal est transmis sur une bande de radiofréquences de 2,4 GHz. Celle-ci n’est pas exploitée sous licence; il n’est donc pas nécessaire de détenir une licence de diffuseur pour déployer un réseau Wi-Fi, de sorte qu’à peu près n’importe qui peut implanter des points d’accès sans fil. L’une des faiblesses du Wi-Fi, en tant que moyen de communication, est sa distance de diffusion très limitée. C’est pourquoi les zones de couverture Wi-Fi ne sont viables que dans les centres-villes, où l’on peut déployer une multitude de points de transmission. À cet égard, Toronto Hydro Telecom pourra tirer profit des lampadaires de rue appartenant à Toronto Hydro pour offrir la couverture voulue. Selon David Dobbin, le service sera fonctionnel dans un périmètre de 10 mètres autour de n’importe quel édifice et jusqu’à une hauteur de 40 étages. La vitesse dépendra de la distance au point de transmission, mais au dire de David Dobbin, elle sera plus que satisfaisante pour bon nombre d’entreprises. David Dobbin considère que ce service est beaucoup plus qu’une simple commodité. Par exemple, les entreprises du centre-ville pourront simplifier grandement la configuration et la gestion de leurs réseaux d’entreprise. Les utilisateurs auront accès à leurs serveurs principaux par l’intermédiaire d’un service de réseau privé virtuel (RPV), qui pourrait ainsi devenir leur principal mode d’accès. Par conséquent, peu importe qu’ils se trouvent au bureau, dans un petit café du quartier ou à l’intérieur de leur zone Wi-Fi domestique, ils pourront se brancher par une même connexion aux services de l’entreprise. Pour sa part, THT établira des partenariats avec divers fournisseurs de services de TI pour offrir des solutions complètes en ce domaine. Maintenir de faibles coûts Évidemment, l’essor rapide de la technologie Wi-Fi ne se limite pas au centre-ville de Toronto. À mesure que la couverture Wi-Fi se développe dans les aéroports, les hôtels, les immeubles gouvernementaux et les campus d’entreprise, les personnes se trouvent de plus en plus souvent dans des zones Wi-Fi. C’est d’ailleurs cette multiplication des zones qui fait en sorte que le mode Wi-Fi passe graduellement du statut de simple commodité à celui de méthode importante de communications mobiles. Le coût constitue l’un des avantages clés du Wi-Fi par rapport aux services offerts par les télécommunicateurs. En effet, étant donné que le mode Wi-Fi utilise le réseau Internet, les fournisseurs de ce service ne sont pas obligés de construire ni d’entretenir une lourde infrastructure de télécommunications entre les différents points de communication, ce qui réduit leurs coûts d’autant. Le Wi-Fi promet donc d’être un moyen plus économique de transmission mobile de courriels comparativement aux services qui prennent en charge le Blackberry, par exemple. Pourvu qu’on se trouve dans une zone de couverture Wi-Fi, on peut utiliser le port sans fil de son ordinateur portable pour travailler, tout comme si on était au bureau. Nul besoin d’acheter un autre appareil. Par ailleurs, le mode Wi-Fi permet aussi de réaliser des économies grâce à la téléphonie Internet (VoIP). En effet, étant donné que la téléphonie IP utilise Internet pour transmettre la voix, ce moyen de communication a depuis toujours servi à réduire les frais d’interurbain entre des points fixes. Or, une toute nouvelle génération de téléphones IP fonctionnant en mode Wi-Fi permet dorénavant aux utilisateurs d’éviter aussi les frais d’utilisation du cellulaire. Bon nombre de ces appareils sont de type bimode, c’est-à-dire qu’ils peuvent également servir de cellulaires lorsque l’utilisateur se trouve dans une voiture ou à l’extérieur d’une zone de couverture Wi-Fi. Même si les téléphones bimodes évitent de devoir transporter deux téléphones distincts, la connexion entre les modes cellulaire et Wi-Fi est encore très imparfaite. Par exemple, si on prend un appel en mode VoIP dans un hôtel et que l’on doit ensuite monter à bord d’un taxi pour se rendre à l’aéroport, il faut interrompre l’appel pour passer au mode cellulaire. De plus, il faut avoir deux numéros de téléphone : l’un pour le mode cellulaire, l’autre pour le mode Wi-Fi. Arrimer les technologies La société Harmony Mobile de Toronto a mis au point une technologie destinée à rendre plus viable le jumelage Wi-Fi / cellulaire. « Compte tenu que le mode Wi-Fi occupe de plus en plus de place sur le marché, avance son président, Michael Stephens, nous travaillons activement à développer un service permettant aux clients d’utiliser des téléphones bimodes de façon à pouvoir profiter de la structure tarifaire du mode VoIP, peu importe s’ils se trouvent dans l’environnement Wi-Fi de leur entreprise ou de leur domicile. » En arrimant ainsi les deux technologies, explique Michael Stephens, l’utilisateur n’a plus à se demander si son téléphone fonctionne en mode Wi-Fi ou en mode cellulaire, car le transfert entre ces deux services s’effectue sans qu’on s’en rende compte automatiquement. La nouvelle approche permettrait aussi l’utilisation d’un numéro de téléphone unique : les appels seraient acheminés en fonction du mode qui convient le mieux. Le dispositif Wi-Fi compatible avec la téléphonie IP est notamment intéressant pour les particuliers et les entreprises dont le service téléphonique principal est assuré par un fournisseur de services VoIP comme Vonage. Dans ce cas, les employés peuvent se munir d’un téléphone portable qui comprend les mêmes fonctions que le téléphone utilisé au bureau, à savoir un numéro de téléphone, un numéro de poste, la messagerie vocale, la conférence téléphonique et l’accès au commutateur principal. Les entreprises qui songent à recourir davantage au mode Wi-Fi devront peser les avantages qu’il comporte comparativement à ceux des nouveaux services de données que proposent les compagnies de téléphone, et ce choix peut s’avérer difficile. En effet, Bell, Rogers et d’autres opérateurs travaillent actuellement à la mise à niveau de leurs réseaux en vue de prendre en charge un nouveau moyen de communication appelé la large bande sans fil. Fondée sur une norme émergente appelée Wi-Max, la large bande sans fil fonctionne sur le réseau cellulaire existant, mais procure un débit binaire semblable à celui des services Internet haute vitesse résidentiels. Comme dans le cas du Wi-Fi, les abonnés du service à large bande haute vitesse pourront travailler depuis leur ordinateur portable plutôt que de devoir utiliser un assistant numérique personnel, mais ils auront besoin d’un adaptateur spécial. La large bande sans fil est déjà offerte dans les principaux centres-villes et l’on prévoit que sa couverture aura sensiblement la même empreinte que le réseau cellulaire traditionnel. Le déploiement du service s’effectue également dans les collectivités éloignées qui ne sont pas desservies par des installations câblées. Dans le cadre d’un projet appelé Inukshuk, Bell et Rogers ont uni leurs forces pour construire l’infrastructure réseau, mais elles se feront concurrence pour la prestation des services auprès des collectivités couvertes. Selon Paulo Pasquini, porte-parole de Bell, le projet desservira une centaine de collectivités éloignées d’ici 2008. Jacob Stoller (jacob@stollerstrategies.com) est un auteur et chercheur indépendant établi à Toronto. |