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Novembre 2008
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Partenaires pour un succès vert

Un nouveau site Web vient en aide aux entreprises canadiennes du secteur de l’environnement.

par John Cooper

Un nouveau site Web interactif comprenant une composante « courriel » destiné aux entreprises du secteur de l’environnement promet de fournir à l’industrie canadienne de l’environnement, dont le chiffre d’affaires s’élève à 15 milliards de dollars, un moyen dynamique de repérer de nouvelles occasions d’affaires.

Lancé en mars dernier par GLOBE Foundation, organisme sans but lucratif établi à Vancouver, en collaboration avec Exportation et développement Canada (EDC), GLOBE-Net offre un service de veille commerciale aux entreprises œuvrant dans le domaine des biens, des services et des technologies du secteur de l’environnement.

Cette coentreprise a pour but d’ouvrir une fenêtre sur le secteur mondial de l’environnement en facilitant l’accès à des outils récents d’information, de financement et d’affaires présents à l’échelle internationale, à un service de veille commerciale et à des renseignements sur les occasions d’affaires.

« Le marché mondial des biens et services environnementaux, qui représente près de un billion de dollars par année, offre des possibilités extraordinaires aux exportateurs et aux investisseurs canadiens du secteur de l’environnement », déclare A. Ian Gillespie, président et chef de la direction de EDC. « La demande de technologies et de services est forte dans les pays en développement, où elle croît d’environ 10 % par an. »

Conseiller aux affaires environnementales et stratégiques auprès de EDC, Paul Stothart raconte que le projet est l’aboutissement d’une « relation qui remonte à plusieurs années avec l’organisme GLOBE Foundation. On avait l’impression qu’il y avait une lacune à combler. Il n’existe pas de représentant de ce secteur au pays. Les entreprises veulent être mieux informées des occasions d’affaires offertes à l’échelle internationale. Notre opinion était la même que celle de GLOBE Foundation : pourquoi ne pas unir nos efforts pour faire quelque, chose dans ce domaine? »

La structure a été mise en place au cours des six derniers mois

John Wiebe, président et chef de la direction de GLOBE Foundation, mentionne pour sa part que GLOBE-Net est issue d’une série d’activités environnementales fructueuses et des efforts de la fondation pour glaner de l’information à l’échelle internationale.

« Nous recueillons une quantité importante d’informations provenant de partout dans le monde et nous cherchions un moyen de les diffuser », poursuit M. Wiebe, qui préfère utiliser l’expression « activité environnementale » plutôt qu’« industrie environnementale » pour insister sur la nature commerciale plutôt que sur l’aspect « nettoyage ». « Nous avions constaté le besoin de renseignements sur les marchés, sur l’orientation de la technologie et sur les possibilités d’affaires, ajoute-t-il. En combinant tous ces éléments, nous avions d’une part une organisation qui possède toute une gamme de renseignements, et d’autre part, le milieu des affaires et les entreprises elles-mêmes qui voulaient connaître les événements, les activités et les occasions d’affaires qui s’offrent à l’échelle internationale. EDC, qui est le principal bailleur de fonds de contrats commerciaux, était un allié naturel dans la mise sur pied de ce projet. »

La vaste expérience des partenaires du projet profitera à GLOBE-Net. À titre de société d’État, EDC offre aux exportateurs et aux investisseurs canadiens des services de financement du commerce extérieur et de gestion des risques sur quelque 200 marchés depuis 1944. Créée en 1992, GLOBE Foundation aide les sociétés spécialisées en environnement, les directeurs chargés de l’environnement dans les entreprises ainsi que les institutions financières à tirer profit de débouchés qui se présentent à l’échelle internationale dans le secteur de l’environnement.

GLOBE-Net s’inscrit naturellement dans le mandat de EDC, celle-ci augmentant depuis cinq ans son appui aux entreprises spécialisées en environnement. En 2003, la société a aidé 270 entreprises canadiennes qui œuvraient notamment dans les domaines suivants : projets d’eau potable et d’épuration des eaux usées, nettoyage des déversements de pétrole, programmes d’efficacité énergétique, ainsi que systèmes de gestion des déchets dangereux et de recyclage des métaux. 

Au total, le Canada compte près d’un millier d’entreprises qui se consacrent exclusivement à la gestion de projets environnementaux et qui présentent un « bon potentiel international », indique M. Stothart, ajoutant que, selon des données non officielles, jusqu’à 7 500 entreprises ont une certaine présence dans ce secteur, qui donnerait de l’emploi à 160 000 travailleurs. L’industrie canadienne représente environ 15 milliards de dollars et la valeur de ses exportations se situe entre un et deux milliards de dollars. À l’heure actuelle, le Canada n’occupe que 2 % du marché mondial.

Le bulletin hebdomadaire de GLOBE-Net devrait présenter de nombreuses occasions d’affaires, soutient M. Stothart. Bien que la version hebdomadaire constitue un bon point de départ, le bulletin pourrait devenir quotidien lorsque la base de données sera plus volumineuse. « Il existe une telle quantité d’information qu’il faut d’abord en faire le tri, puis faire parvenir les données pertinentes aux entreprises canadiennes, continue-t-il. Nous y avons intégré un segment éducatif, et nous allons nous concentrer sur la Banque de développement nord-américaine, un organisme américano-mexicain. Il existe aussi des douzaines d’organisations, de banques de développement et d’importants acheteurs à l’échelle internationale. Les entreprises canadiennes auront ainsi un aperçu des personnes à joindre. »

John Wiebe abonde dans le même sens. Il existe actuellement divers portails, fait-il remarquer, mais « nous avons constaté qu’un bon nombre d’entre eux étaient difficiles d’accès, et que la plupart ne se spécialisaient pas uniquement dans ce secteur. Nous avons réussi à recueillir de l’information internationale et à l’exploiter. Et on estimait que EDC pouvait contribuer à diffuser l’information ».

Caractérisée par un vaste marché faisant appel à toute une panoplie de technologies, l’industrie de l’environnement se compose également de secteurs prêts à prendre leur envol, particulièrement celui de l’énergie propre. « Dans le domaine de l’énergie propre, nous en sommes au tout début d’un réel essor à l’échelle planétaire, indique M. Stothart. Il s’agit de lancer ces technologies. »

Il est logique que le Canada soit un chef de file pour bon nombre de ces technologies, ajoute M. Wiebe. Des piles à combustible et des carburants de remplacement à l’épuration de l’eau et aux bâtiments écologiques, le Canada est à l’avant-garde de l’écodéveloppement urbain. Et c’est particulièrement primordial face au « tsunami urbain », selon l’expression employée par l’ancien premier ministre de la Colombie-Britannique, Mike Harcourt, pour décrire le défi que représente l’intégration de 2,5 milliards de personnes supplémentaires dans les villes des pays en développement au cours des 30 prochaines années.  

Mais on a besoin d’aide pour mettre en œuvre ces technologies, poursuit M. Stothart. Des investissements doivent être faits.

« Dans les cinq derniers budgets fédéraux, des centaines de millions de dollars ont été attribués au secteur des technologies, déclare M. Stothart. L’organisme Technologies du développement durable Canada (TDDC) vient de se voir attribuer 1 milliard de dollars. Cet argent aidera les entreprises de ce secteur à réaliser leurs objectifs. »

Ces entreprises pourront également compter sur GLOBE-Net. Facile à consulter, le site présente les événements à venir, des études sur le marché, des actualités et des occasions d’affaires. On y trouve également un résumé des projets en cours et à venir.

Skip Willis, président de l’Ontario Environment Industry Association (ONEIA), a bon espoir que le réseau aidera les 160 entreprises membres de son groupe à maximiser les possibilités qui s’offrent à elles sur le plan international. Deuxième regroupement d’entreprises du secteur de l’environnement en importance au Canada (le plus important est situé au Québec), l’ONEIA représente les fournisseurs de technologies, les fabricants de produits et les firmes d’experts-conseils en génie. Près de la moitié des entreprises membres comptent entre 10 et 20 employés.

Selon M. Willis, « il est difficile pour les petites entreprises d’avoir accès de façon systématique à de l’information sur les occasions d’affaires ». L’information « est moins facile à obtenir pour les petites entreprises parce qu’elles n’ont pas la même notoriété ».

M. Willis souligne que l’ONEIA représente un ensemble d’entreprises dont l’expérience sur le plan international est très variée. « Certains de nos membres ont une vaste expérience de la vente internationale, possédant parfois des bureaux ailleurs dans le monde. Nous croyons que cet important outil aidera les petites entreprises à considérer les marchés d’exportation et qu’il incitera également les exportateurs actuels à exploiter davantage leur expérience. »

Les plus importants concurrents du Canada dans le secteur environnemental proviennent des États-Unis et de l’Australie, mais aussi d’Europe. M. Wiebe ajoute toutefois que le plus grand rival du Canada est... le Canada.

« À certains égards, nous nous faisons nous-mêmes concurrence, indique-t-il. Les entreprises canadiennes ont tendance à s’affronter l’une l’autre. Ce que nous voulons, c’est augmenter la taille du gâteau de sorte que les entreprises canadiennes puissent travailler ensemble en vue de saisir de meilleures occasions. »

« Je crois qu’on accepte de plus en plus l’idée que l’environnement est un véritable secteur d’affaires, ajoute M. Wiebe. Les journaux nous servent encore l’argument selon lequel l’environnement et l’économie sont deux éléments distincts. Je crois que cette opinion commence lentement à changer et que les entreprises perçoivent l’environnement comme une possibilité d’affaires et non plus comme un obstacle. Je me plais à dire que nous sommes en train de développer le secteur de l’environnement. À mon avis, les problèmes environnementaux constituent des occasions d’affaires. »

John Cooper (tymelco@sympatico.ca), rédacteur pigiste, est établi à Whitby, en Ontario.

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