Accueil     Contacts     Contenu rédactionnel     Publicité     Abonnement     Archives     Recherche     CMA Canada  
Dernier Numéro
Novembre 2008
Articles de fond Contenu   Imprimer le texte seulement

Promouvoir la diversité

Lally Rementilla, CMA, encourage l’expression de points de vue culturels différents dans le milieu des affaires.

par Robert Colman

Bien que le Canada soit considéré comme un pays multiculturel, les minorités et les femmes semblent toujours avoir de la difficulté à faire entendre leur voix dans de nombreux domaines. Face à ce problème, des entreprises se sont donné pour mission d’appuyer la diversité et d’encourager les gens à poursuivre des objectifs plus ambitieux. L’exemple de Lally Rementilla, CMA, montre comment ce genre de culture peut engendrer des chefs de file soucieux de la diversité et du bien-être de leur collectivité.

Le parcours de Mme Rementilla est impressionnant. Elle a émigré des Philippines au Canada à l’âge de 21 ans avec sa famille pour commencer une nouvelle vie ici. En 12 ans, elle est passée du poste d’opératrice au sein du groupe des systèmes de réseau de AT&T Canada à celui de vice-présidente régionale de Lucent Technologies Canada (entreprise dérivée de AT&T). Et il y a un an, elle est devenue directrice de la planification et de l’analyse des activités de Lavalife Inc., un des plus importants réseaux de rencontres par Internet au monde.

Mme Rementilla dirige actuellement une équipe chargée d’appuyer les initiatives de financement, d’expansion et de prospection de l’entreprise. Aussi a-t-elle joué un rôle crucial dans la récente acquisition de Lavalife par MemberWorks Inc., qui propose des programmes de fidélisation offrant des rabais sur des produits d’usage courant. En avril 2004, le marché a été conclu pour 152,5 millions de dollars au comptant.

« Notre rôle consistait à préparer les données et à analyser les indicateurs clés de la performance afin que les investisseurs potentiels puissent juger de la valeur de l’entreprise », explique-t-elle.

Mme Rementilla avait deux raisons de passer chez Lavalife. En premier lieu, après 12 ans chez Lucent, elle avait besoin de changement. « Je voulais devenir une comptable “à la page”, dit-elle avec un sourire. J’ai donc suivi le programme CMA pour cadres et obtenu le titre de CMA, avant d’accepter le poste chez Lavalife. »

Outre les innovations de pointe qui caractérisent Lavalife, la culture de la société l’attirait aussi. « Je voulais jouer un rôle plus poussé dans une entreprise axée sur le public et sur Internet. Ce poste me permet d’en apprendre beaucoup sur les regroupements d’entreprises tout en gérant le volet financier. De plus, Lavalife est une entreprise où cohabitent diverses cultures, ce qui est très important pour moi. »

Des modèles inspirants

C’est la diversité culturelle et l’appui rencontré au sein du groupe des systèmes de réseau de AT&T Canada et de Lucent qui l’ont encouragée à demeurer aussi longtemps en poste dans ces entreprises. Chez AT&T Canada, Mme Rementilla travaillait à temps partiel tout en suivant le programme de MBA à l’Université York.

« Pendant que je travaillais chez AT&T, j’ai rencontré des modèles très inspirants, dont Carly Fiorina, chef de la direction de Hewlett-Packard et première au palmarès des plus éminentes femmes d’affaires du magazine Forbes, raconte-t-elle. Ce sont en partie les gens avec qui vous travaillez et en partie les valeurs de l’entreprise qui vous permettent de gravir les échelons comme je l’ai fait. Les entreprises qui encouragent vraiment la diversité prennent le temps d’aider leurs employés à se perfectionner. Il est très important de pouvoir compter sur l’appui des supérieurs immédiats et des mentors internes. »

Mme Rementilla considère Carol Stephenson, ex-chef de la direction de Lucent Technologies Canada, comme l’une des personnes qui ont joué un rôle essentiel dans son cheminement. C’est grâce aux encouragements de Mme Stephenson qu’elle a prononcé sa première allocution sur la place des femmes dans la haute direction des entreprises devant le Conference Board du Canada. Depuis lors, elle s’est exprimée sur le sujet devant plusieurs auditoires dans tout le Canada.

À son départ de Lucent, Mme Rementilla était vice-présidente régionale, Finances et gestion des contrats. Son service s’occupait de la vente de matériel, de logiciels et de services aux entreprises de télécommunications comme Bell Canada, AT&T Canada et TELUS Mobilité. Elle était responsable de l’ensemble des activités de gestion et d’analyse financière, notamment des structures de prix, de la rentabilité, de l’optimisation des produits d’exploitation et de la productivité.

Appui de la collectivité

Mme Rementilla ne tient pas sa réussite pour acquise et s’efforce de rendre à la collectivité ce que celle-ci lui a donné, en aidant les gens qui se trouvent dans la même situation que celle qu’elle a connue. Elle est notamment trésorière du conseil d’administration d’Innoversity, organisme sans but lucratif qui se consacre à accroître la diversité dans les médias et les institutions culturelles.

« Innoversity a été fondée il y a trois ans pour promouvoir la diversité culturelle dans les médias en général, explique-t-elle. Le Innoversity Creative Summit est le pivot des activités de l’organisme. Ce congrès réunit des représentants de la radio, de la télévision et d’autres médias. C’est une tribune où l’on peut proposer des idées de documentaires, d’émissions pilotes, etc., et échanger des idées avec d’autres personnes du même domaine. Nous remettons également des prix aux entreprises qui font avancer notre cause. »

Mme Rementilla est aussi membre du conseil d’administration de l’Association des femmes en communications (AFC). Cet organisme national bilingue a pour mandat de favoriser l’avancement des femmes dans le milieu des communications grâce à des activités stratégiques de réseautage, des programmes de perfectionnement professionnel et des prix de reconnaissance du mérite. Mme Rementilla considère que son rôle au sein de l’AFC a été un facteur important dans sa décision de passer du secteur des télécommunications (Lucent) à celui des nouveaux médias (Lavalife).

Elle fait également partie du conseil d’administration du Theatre Passe Muraille, compagnie de théâtre parallèle de Toronto. « Je siège au conseil depuis 1999, précise-t-elle. Le théâtre m’a toujours intéressée, et cette expérience s’accorde bien avec celle que j’ai acquise dans l’entreprise. Ces deux milieux sont très différents, et les compétences que j’acquiers dans l’un m’aident dans l’autre. L’ampleur et les défis propres à une activité apparaissent plus clairement lorsqu’on travaille pour un organisme sans but lucratif que lorsqu’on est dans une grande entreprise. »

Mme Rementilla continue d’apprendre beaucoup dans ses nouvelles fonctions chez Lavalife. Elle a participé au lancement d’un nouveau service, appelé Lavalife Mobile, qui permet aux membres du réseau de rencontres de rechercher des célibataires de leur région et d’échanger avec eux des messages texte n’importe où et en tout temps à l’aide de leur téléphone mobile.

« À mon arrivée, ce projet n’en était qu’à ses balbutiements, souligne-t-elle. Nous avons commencé à élaborer des modèles financiers afin d’en évaluer le potentiel à cette époque. » Lancé au début de février, le service continue d’occuper une bonne partie de son temps et de celui de son equipe (dont Ian Burnett, CMA).

Mme Rementilla est très satisfaite du stade auquel elle-même et l’entreprise sont parvenues. « Au fil de son expansion, Lavalife s’est adjoint divers collaborateurs, provenant d’un grand éventail de milieux. Certains sont là depuis les débuts et d’autres, comme moi, font profiter l’entreprise de l’expérience acquise dans des domaines très variés. »

Sa vaste expérience pratique ainsi que son diplôme de MBA et son titre de CMA forment une combinaison solide qui continuera sans aucun doute de lui ouvrir de nouveaux horizons. « Le titre de CMA m’a aidée dans ma carrière en me donnant le point de vue stratégique nécessaire pour réussir au sein d’une fonction financière de haut niveau, souligne-t-elle. Il complète bien mon bagage de compétences. »

Robert Colman est rédacteur en chef de CMA Management.

Haut