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Août-Septembre 2010
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Tendre la main à l’innovation

Après soixante ans, le PARI-CNRC continue d’offrir un appui dont les PME en démarrage ont grand besoin. En profitez-vous?

par John Cooper

En près de 60 ans d’existence, le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI-CNRC) a aidé des milliers de petites et de moyennes entreprises (PME) à trouver des débouchés pour leurs innovations, et son rôle est tout aussi important aujourd’hui.

Consultation et expertise technologique, aide financière, réseaux et partenariats — voilà les services qu’offre cet organisme dont le mandat est de promouvoir une économie du savoir innovatrice axée sur les sciences et la technologie. 

Le PARI est le « volet public au sein de la communauté des petites entreprises » du Conseil national de recherches du Canada, déclare le directeur général Tony Rahilly. Et avec les deux millions de PME que compte le Canada, ce qui entraîne la création de richesse et d’emplois dans tous les secteurs de l’économie, le PARI-CNRC reconnaît son rôle dans la stimulation de l’économie canadienne.

« Nous nous consacrons entièrement aux PME canadiennes, affirme Tony Rahilly. Il est essentiel que le monde des affaires ait la possibilité de se doter de moyens technologiques. Notre objectif consiste à favoriser la croissance rapide et la prospérité des PME grâce à la technologie », en établissant des liens entre les différents réseaux, programmes et infrastructures et les PME afin d’aider ces dernières à obtenir, développer et exploiter de nouvelles technologies et connaissances.

Réseaux

Créé en 1947, l’organisme a pris sa forme actuelle — offrant des services de consultation et de l’expertise technologique, de l’aide financière pour les activités de recherche - développement (R-D) ainsi que des conseils en matière de réseaux et de partenariats — au cours des années 1960 et 1970. Plus de 260 conseillers en technologie industrielle (CTI) sont en poste dans une centaine de collectivités au Canada. Répartis entre cinq régions (Atlantique, Québec, Ontario, PARI Ouest et PARI Pacifique), ils ont accès à une vaste gamme de ressources spécialisées dans tous les domaines des sciences, du génie et des technologies, ainsi qu’à des programmes gouvernementaux, aux milieux universitaires et à des réseaux d’affaires internationaux.  

« Nous cherchons des moyens d’exploiter le potentiel technologique d’une entreprise, poursuit Tony Rahilly. Nous considérons la commercialisation de la technologie et tentons de trouver des moyens d’en assurer le succès commercial dans le monde des affaires. »

Les conseillers en technologie industrielle du PARI-CNRC aident les entreprises à accéder à l’expertise en R-D d’institutions et de laboratoires gouvernementaux, et fournissent de l’information et des conseils en matière de brevets et de droits de propriété intellectuelle.

Le mandat du PARI consiste en grande partie à établir des liens entre les entreprises, des ressources spécialisées en marketing et des collaborateurs par l’intermédiaire des relations qu’a nouées l’organisme avec plus de 100 bureaux régionaux membres du réseau, dont le principal objectif est d’offrir des conseils et de l’aide aux PME.

Expertise technique

L’important soutien offert par le PARI-CNRC a certainement constitué un avantage pour Imbibo Inc. Établie à Winnipeg, cette entreprise offre une gamme de produits qui permet aux clients de personnaliser leur téléphone cellulaire et leurs gadgets électroniques. Le président et chef de la direction Doyle Buehler affirme que le PARI-CNRC a joué un rôle essentiel en lui fournissant l’aide qui a permis à son entreprise d’effectuer des études de faisabilité et de marché.

« Nous avons reçu une aide financière qui a servi à mener une étude de faisabilité initiale et des études de marché pour un projet en développement touchant le balayage individuel 3D et la fabrication à la demande dans un environnement de détail, explique Doyle Buehler. Nous travaillons actuellement à l’élaboration de ce projet. Nous avons également bénéficié d’une expertise technique et des connaissances de personnes-ressources spécialisées du monde du 3D, et nous avons notamment été mis en rapport avec le personnel de leurs laboratoires dont les travaux sont précisément axés sur le balayage tridimensionnel et le prototypage rapide. Ils ont aidé une très jeune entreprise à jeter les bases de la mise au point d’une technologie et d’une application importante, et ils m’ont littéralement poussé à passer aux phases suivantes du projet afin qu’ils puissent continuer de fournir du soutien et du financement. »

À l’instar d’Imbibo, de nombreux clients du PARI-CNRC sont les propriétaires d’innovations uniques entièrement canadiennes. À titre d’exemple, Ovatek Inc., établie au Nouveau-Brunswick, compte parmi les cas de réussite du PARI-CNRC. L’entreprise fabrique et commercialise depuis 1998 des radeaux de sauvetage qui ne requièrent aucune inspection. Fruit de cinq années de développement, ces radeaux sont insubmersibles et résistants au feu en plus d’offrir une protection contre l’hypothermie et les collisions violentes. Le site Web du PARI affiche un témoignage du directeur général d’Ovatek, John Ball : « La participation du PARI au projet Ovatek a été importante. Sans conseils et soutien financier en matière d’innovation, et sans soutien moral de la part des CTI, le projet Ovatek n’aurait jamais pu être mis sur pied. »

Grâce à un budget annuel de 80-90 millions de dollars, l’organisme peut financer une partie des coûts de main-d’œuvre (pouvant atteindre 50 %, avec un plafond de 500 000 $) et aider les PME à bénéficier d’autres programmes, comme le Partenariat technologique Canada d’Industrie Canada, dont le financement peut se chiffrer à 1 million de dollars.

L’année dernière, le PARI-CNRC a offert des services de consultation à 12 400 entreprises, dont 2 800 ont obtenu une aide financière. Selon Tony Rahilly, chaque dollar investi par le biais du PARI-CNRC se traduit par des revenus de 20 $.

Le PARI-CNRC assure actuellement le financement de certaines parties d’un projet et rembourse les salaires et les coûts de main-d’œuvre au moyen de deux programmes, le Programme Stratégie emploi jeunesse, qui permet aux clients de bénéficier d’un savoir-faire technique particulier au sein de leur entreprise, et le Programme d’activités de recherche et développement technologique, qui contribue à frais partagés à la recherche afin de surmonter les incertitudes de nature technologique.

L’avantage durable de la R-D

Des entreprises comme Acadian Seaplants Limited (ASL) ont sans contredit bénéficié de l’engagement technologique du PARI-CNRC. Établie en Nouvelle-Écosse, ASL fabrique des produits à base de plantes marines destinés aux marchés de l’agriculture et de l’alimentation ainsi qu’aux marchés des produits pharmaceutiques et des aliments fonctionnels à l’échelle mondiale. Elle possède des installations de traitement en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard et exporte ses produits dans 70 pays.

Fondée il y a 25 ans, l’entreprise collabore au PARI-CNRC depuis ses débuts, indique son président Jean-Paul Deveau. « À ses débuts, Acadian Seaplants était une petite entreprise saisonnière qui ne disposait pas des ressources financières et humaines nécessaires pour mener de longs travaux de R-D en vue d’élaborer de nouveaux produits, explique-t-il. Pour surmonter cet obstacle, l’entreprise a eu recours aux programmes gouvernementaux de R-D et de marketing ou d’expansion des affaires en vue d’obtenir une aide financière. Elle a également formé une équipe spéciale de R-D dont les membres provenaient d’organismes de recherche régionaux, dont l’Institut des biosciences marines (IBM) du Conseil national de recherches du Canada. » 

Le CNRC-IBM a assisté ASL dans le cadre de son processus d’extraction d’algues, ce qui a donné lieu à la mise au point de suppléments de fertilisants, de biostimulants agricoles et de produits nutritionnels à valeur ajoutée.

« Pour soutenir la concurrence dans notre industrie, il faut innover et le succès repose sur la capacité à nouer des relations techniques, déclare Jean-Paul Deveau. En d’autres termes, il faut mettre les gens d’affaires et les chercheurs en contact, puis commercialiser le fruit de leur collaboration. Le financement de recherches à risque élevé est l’un des aspects qui distingue le PARI des autres organismes ou programmes. Cela permet à une PME de mettre à profit ses propres investissements en vue d’obtenir davantage d’argent destiné à la recherche. »

Comprendre les principes de base

Pour assurer l’engagement du PARI-CNRC à l’égard de leur projet, les clients éventuels doivent avoir procédé à l’analyse de rentabilisation claire et validée d’une technologie, et démontré leur capacité à mener une idée du stade du concept à celui de la commercialisation. Les clients doivent également prouver que leur produit ou procédé répond à un besoin précis sur le marché. En plus d’offrir une aide personnalisée à chaque PME, le PARI-CNRC a conclu des ententes avec certaines organisations du secteur, comme l’Association canadienne des conseillers en administration (ACCA). En vertu de cette entente, il prend à sa charge le coût des consultations des conseillers en administration données aux PME par l’intermédiaire du PARI.

« L’ACCA offre les services d’un conseiller pendant deux ou trois jours, et nous en assumons le coût, explique Tony Rahilly. Voilà un exemple des relations que nous avons établies et par lesquelles nous fournissons de l’aide et de l’expertise. Nous donnons également aux entreprises l’accès à de l’information concurrentielle internationale en matière de technologie grâce à notre présence à l’échelle mondiale. Il est important que les PME soient au fait des nouveaux produits sur le marché mondial et de la façon de livrer concurrence sur la scène internationale. » 

En somme, le PARI-CNRC continue de tirer parti de sa réputation d’excellence en matière de consultation technologique et d’aide à la commercialisation, ce qui est plutôt enviable si l’on considère son « ancienneté » parmi les programmes d’aide du gouvernement. Pour en savoir plus sur le PARI, visitez le site Web à l’adresse www.irap-pari.nrc-cnrc.gc.ca/.

John Cooper est un rédacteur pigiste établi à Whitby, en Ontario.

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