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Août/Septembre 2008
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Un milieu de travail sain, ça se cultive

Le milieu de travail a une grande influence sur la santé des employés. Auparavant, les entreprises soucieuses d’offrir un milieu de travail sain cherchaient avant tout à prévenir les blessures. De nos jours, toutefois, de plus en plus de programmes ont pour but d’aider les employés à adopter des comportements plus sains.

par Barbara J. Bowes

Un nombre croissant d’entreprises s’intéressent davantage à l’effet d’un milieu de travail sain et positif sur leur rentabilité. Cela vous fait sourire? Détrompez-vous : en plus de 30 ans de carrière, avant d’avoir ma propre entreprise, j’ai travaillé pour seulement deux organisations dont la culture était solide, positive et saine. Si je me fie à ma seule expérience, je frémis en pensant à ce que doivent être les statistiques plus globales.

En quoi un milieu de travail sain consiste-t-il, au juste? Les employés veulent se sentir appréciés, éprouver un sentiment d’appartenance et avoir l’impression de s’accomplir au quotidien. L’organisation idéale répond à ces besoins. Les employés ont besoin d’une culture d’entreprise et d’un environnement de travail visiblement harmonieux, où les gens communiquent de façon positive et respectueuse. Ils souhaitent travailler au sein d’une organisation où chacun apprécie l’apport de l’autre, où l’esprit d’équipe règne et où on a mis en place un processus structuré de résolution de conflits.

Un sentiment d’appartenance

Les employés veulent faire partie d’une organisation dont les dirigeants maîtrisent la pensée stratégique. Ils donnent leur pleine mesure quand ils travaillent pour un patron capable d’établir les règles du jeu et de faire face aux conflits. Les bons leaders sont conscients de leur propre valeur. Ils connaissent leurs forces et leurs faiblesses, et n’hésitent pas à déléguer et à faire de la formation continue.

Les organisations saines sont bâties par des leaders forts qui ne craignent pas de s’entourer de personnes très talentueuses, voire plus intelligentes qu’eux. Ils savent quoi faire pour créer une organisation saine, et ils communiquent ouvertement la vision et le plan stratégique de l’entreprise aux employés pour qu’ils y adhèrent et y contribuent. Ce sont des visionnaires confiants, qui ne font pas qu’inspirer et motiver leurs employés : ils sont également prompts à récompenser et à reconnaître leur productivité et leurs réalisations.

Bien honnêtement, dans un milieu de travail sain et harmonieux, dirigé par des leaders de talent, j’endurerais volontiers beaucoup d’irritants comme une chaise qui craque, des fournitures limitées, un bureau aux couleurs fades ou quelques heures supplémentaires. Les employeurs doivent regarder d’autres aspects du milieu de travail s’ils veulent créer un environnement sain et équilibré.

Heureusement, depuis une dizaine d’années, la santé en milieu de travail suscite un intérêt croissant. En 1998, l’Institut national de la qualité s’est associé à Santé Canada et à une équipe d’éminents professionnels de la santé pour définir la notion d’« organisation saine ». Selon eux, il s’agit d’une organisation productive, efficace, où le moral est bon, où le niveau d’engagement des employés est élevé et qui réalise un bon bénéfice. L’Institut et ses collaborateurs considèrent en outre qu’un leadership sain, la planification d’un milieu de travail sain, le souci du personnel et des résultats positifs sont les quatre éléments essentiels d’un milieu de travail sain. L’Institut national de la qualité a également élaboré un ensemble de critères selon lesquels un prix national d’excellence est maintenant attribué depuis six ans.

Selon l’Institut national de la qualité et Santé Canada, l’environnement de travail physique est beaucoup plus important qu’on l’avait d’abord cru. Ce constat a débouché sur une vague de stratégies originales visant à réduire les blessures et à favoriser un retour rapide au travail et, de façon générale, à examiner l’ergonomie des postes de travail.

Parallèlement, un plus grand nombre d’entreprises mettent également l’accent sur des enjeux moins concrets comme les relations interpersonnelles, l’intimidation, le rythme de travail, les pauses, les exigences physiques et la violence en milieu de travail.

Fait intéressant, les employeurs commencent peu à peu à se montrer proactifs dans la promotion de saines habitudes de vie en dehors du travail. De telles interventions étaient auparavant considérées comme taboues, la santé des employés étant, après tout, une question personnelle et d’ordre privé.

Les entreprises se rendent compte que la prévention des maladies a une incidence encore plus grande sur leur rentabilité que la gestion a posteriori des blessures et des maladies. Par conséquent, elles sont maintenant plus nombreuses à proposer des programmes de soutien et de prévention orientés, par exemple, vers la perte de poids, l’abandon du tabac, la gestion du stress, l’activité physique et de saines habitudes alimentaires. Certaines entreprises aident même leurs employés à composer avec leurs problèmes familiaux en offrant, par exemple, des programmes spéciaux sur les relations avec les adolescents.

Un effort collectif

Alors, quelles mesures une organisation peut-elle prendre pour cheminer vers un milieu de travail sain? Ses dirigeants devront adopter une approche holistique englobant tous les aspects de l’organisation, toutes ses pratiques de gestion et tous ses processus. Le projet devra avoir l’appui de la haute direction et des cadres hiérarchiques. En fait, au moins un membre de la haute direction devra se faire le champion de la santé en milieu de travail. Il lui incombera d’orienter le changement de cap.

Pour créer un milieu de travail sain, il ne suffit pas de demander au service des ressources humaines d’ajouter un énoncé sur la santé au travail dans le manuel des politiques de l’entreprise. Seul un effort à long terme, assorti d’une planification stratégique complète, d’un engagement à agir et d’un programme général de formation et de développement, permettra d’y parvenir.

Déterminez d’abord les besoins des employés et de votre organisation, puis classez-les par ordre de priorité. Examinez vos politiques et vos pratiques actuelles ainsi que les statistiques sur les blessures, les maladies, l’absentéisme, les départs et les licenciements. À la lumière de ces données, fixez pour les différents programmes et services des objectifs à court et à long terme de santé en milieu de travail. Établissez des facteurs de réussite et des jalons, déterminez quels pourraient être les obstacles au succès et élaborez des plans pour les surmonter. Enfin, attribuez des ressources financières et humaines suffisantes au projet et prévoyez des mécanismes de mesure.

Tout au long du processus de planification, ne perdez pas de vue qu’un leadership exercé de haut en bas ne permet pas d’opérer un changement de culture. Autrement dit, pour qu’un changement se produise, les employés doivent être motivés et prendre part à l’amélioration de leur propre santé et de leur milieu de travail. Il faut pour cela mettre en place des programmes de sensibilisation et de formation que les employés auront contribué à développer. Il faut aussi trouver des façons de mesurer régulièrement la satisfaction et le moral des employés et de souligner leurs bons coups et leurs réalisations.

La culture d’une organisation, sa « façon de faire les choses », est l’un des fondements des entreprises prospères et des milieux de travail productifs. Si les entreprises continuent de traiter la santé au travail selon une approche holistique, elles constateront à coup sûr une amélioration globale de la santé, du bien-être et de la satisfaction du personnel, de même qu’une augmentation de la productivité. Celles qui font déjà la promotion d’un milieu de travail sain devraient songer à poser leur candidature aux prix d’excellence qui seront décernés aux entreprises méritantes en octobre 2008.

Barbara J. Bowes, Fellow de l’APRHC, CMC, est présidente de BowesHR et vice-présidente de Legacy Executive Search Partners, au Manitoba. Auteure et conférencière, elle anime également des ateliers. On peut la joindre à l’adresse barb@bowesgroup.com.

Source : Modèle d’un milieu de travail sain, Institut national de la qualité, 2007.

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