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Août-Septembre 2010
CMA Management est un magazine d'affaires dynamique conçu pour aider les cadres dirigeants à prendre des décisions éclairées et leur assurer un avantage stratégique. Publié par CMA Canada, CMA Management est distribué à plus de 35 000 CMA et 10 000 aspirants CMA et étudiants. On peut également se procurer le magazine par abonnement.
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Évitez de prendre un trop grand risque

Pour vos placements, visez le rendement maximal pour un degré de risque donné ou le risque minimal pour un taux de rendement donné.

par Kevin Hutton

Le « risque de placement » est déterminé par les fluctuations de la valeur d’une action, d’une obligation ou d’un fonds d’investissement composé de ces titres. Lorsqu’on investit, il faut éviter de « gaspiller son risque », c’est-à-dire de prendre un risque exagéré. L’idée sous-jacente est que les investisseurs éprouvent nettement plus d’insatisfaction lorsque la valeur de leurs placements baisse, que de satisfaction quand leurs placements s’apprécient. Il est donc logique, quand on opte pour des instruments risqués comme les actions et les obligations, de veiller à ce que le profit potentiel soit plus élevé que les risques potentiels.

Réduire le risque de placement

Pour atteindre ses objectifs, il faut de la patience et une compréhension intime de la façon d’y parvenir. La conception d’un portefeuille doit non seulement tenir compte du taux de rendement, mais également du risque de placement. En règle générale, le désir de dégager un rendement particulier devrait être secondaire. La priorité devrait consister à évaluer le degré de tolérance au risque, puis, à l’aide d’une analyse pertinente, à déterminer la composition de l’actif susceptible de procurer les meilleurs résultats en fonction du risque jugé acceptable. Il est essentiel de chercher à atténuer le risque, car il est nettement plus facile de perdre de l’argent que d’en gagner. On oublie souvent qu’il faut déployer davantage d’efforts pour récupérer l’argent perdu qu’il n’en avait fallu pour subir la perte. Prenons le cas d’un placement de 10 000 $ qui se déprécie de 15 % sur un an. À la fin de l’année, il ne vaut plus que 8 500 $. Le capital à faire fructifier étant moindre, l’investisseur doit réaliser un rendement de 17,65 % pour effacer sa perte et récupérer son capital initial. Or, les corrections du marché sont parfois encore plus marquées, et le rendement à obtenir pour compenser les pertes doit alors être supérieur. Aussi faut-il prendre soin de se protéger contre la volatilité extrême du marché.

La façon la plus simple d’atténuer le risque est d’investir dans des titres à taux de rendement garanti. Toutefois, le rendement des placements garantis est relativement bas. Par conséquent, à long terme, les effets de l’inflation risquent de gruger la valeur du portefeuille. Bien souvent, l’atteinte d’un objectif de placement passe par la sélection d’actifs risqués comme les actions et les obligations. À cette fin, pour pouvoir investir dans ces titres sans s’exposer à un risque excessif, l’idéal est de miser sur la diversification. Une bonne diversification et une répartition adéquate de l’actif sont essentielles si l’on veut atténuer le risque sans trop amoindrir le rendement. Les placements comportent toujours un certain risque et tous les investisseurs, aussi prudents soient-ils, subissent des pertes à l’occasion. C’est pourquoi il faut mettre en place une stratégie de placement adaptée pour réduire le risque au minimum. L’une des stratégies plus courantes est la « répartition stratégique de l’actif ». Il s’agit d’un processus axé sur le long terme, qui vise à déterminer les proportions respectives qu’auront divers instruments au sein du portefeuille. Les pondérations varient d’un portefeuille à l’autre en fonction des objectifs ciblés.

Par exemple, un portefeuille destiné à financer des études dans 15 ans comprend normalement une plus grande part d’actions qu’un portefeuille conçu pour procurer un revenu de retraite immédiat. Quoique ces deux objectifs soient différents, le but de la répartition stratégique de l’actif reste le même — à savoir d’élaborer un portefeuille capable d’offrir le meilleur rendement moyennant un degré de risque donné ou, à l’inverse, un portefeuille assorti du risque le plus faible pour un taux de rendement donné. Il peut être complexe de déterminer la bonne combinaison d’actifs. Assez souvent, des modèles informatiques sont utilisés pour produire un système mathématique permettant d’analyser efficacement les rendements des placements et les caractéristiques de risque d’un large éventail de catégories d’actif, comme les actions américaines, internationales ou canadiennes, les obligations et les biens immobiliers. Selon le nombre de catégories d’actif retenues, le modèle informatique peut littéralement analyser des milliers de combinaisons. Compte tenu de leur agenda chargé, la plupart des investisseurs n’ont ni le temps, ni la patience ni les compétences voulus pour entreprendre une telle analyse. C’est pourquoi ils font généralement appel à un spécialiste en placement.

Se constituer un patrimoine

Selon les objectifs et les préférences de l’investisseur, un portefeuille peut contenir de six à dix catégories d’actif distinctes allant des titres à revenu fixe aux actions canadiennes et internationales, le tout étant également diversifié par style de gestion — placements orientés sur la valeur ou sur la croissance. Il en résulte une stratégie parfaitement adaptée au profil de risque de l’investisseur. Les investisseurs frileux optent généralement pour un portefeuille privilégiant les titres à revenu fixe, car ils cherchent habituellement à préserver le capital et à produire un revenu. Plus le désir de dégager un rendement potentiellement élevé est fort, plus le risque de placement augmente. En effet, pour obtenir un rendement supérieur, il faut normalement faire une plus large place à des instruments tels que les actions, dont les cours sont par nature plus volatils. Pour l’investisseur plus téméraire, une portion des placements en actions peut cibler les marchés émergents ou un secteur d’activité particulier. En recourant à la répartition stratégique de l’actif, il est possible de combiner une série de titres à revenu fixe et d’actions dans un portefeuille affichant moins de volatilité que la plupart de ses composantes individuelles — à condition que chaque titre retenu accroisse la diversification du portefeuille. En appliquant cette méthode et en résistant à la tentation d’essayer d’« anticiper » le marché en concentrant temporairement les placements dans un secteur donné, l’investisseur n’éliminera pas totalement le risque de perte financière, mais réussira à se constituer un patrimoine sans prendre de risques inutiles.

Kevin Hutton (kevin.hutton@investorsgroup.com) est conseiller au sein du Groupe Investors à Whitby, en Ontario.

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